• Conseillé par (Libraire)
    3 août 2019

    Coup de coeur de Bilal

    John Blacksad est détective privé. Il est engagé pour découvrir qui a assassiné une comédienne, qui s'avère également être son ex-fiancée. Il vivra bien d'autres aventures au sein des cinq tomes de cette série exceptionnelle, à l'ambiance noire savamment orchestrée ! L'Amérique des années 50 nous est présentée dans une esthétique tout en aquarelle au milieu d'un vaste bestiaire d'animaux anthropomorphes. Un grand classique de la BD "roman noir" !


  • Conseillé par
    2 mars 2017

    Sale journée pour John Blacksad convoqué sur les lieux d'un meurtre et qui découvre que le cadavre est celui de Natalia, une comédienne célèbre dont il a partagé le lit à une époque lointaine et heureuse de sa vie. Alors, en souvenir de cette femme aimée, le privé se lance sur la trace de l'assassin, même si la police lui a conseillé de ne pas se mêler de l'affaire. Ses investigations le conduisent vers le scénariste Léon Kronski, dernier amant en date de la belle, mais celui-ci semble avoir quitté la ville dans la précipitation. En vacances, selon sa femme de ménage informée par un ''ami aux yeux globuleux''. Blacksad continue ses recherches, bien décidé à venger la mort de son ancienne maîtresse et des souvenirs qui lui sont liés.

    Désabusé, cynique, dur au mal et obstiné, si Philip Marlowe était un chat, il aurait les traits de John Blacksad. Il ne manque rien à cette BD pour créer parfaitement l'ambiance d'un vieux film noir : la femme aussi fatale que volage, les bas-fonds de la ville, les indics, la salle de boxe un peu glauque, les voyous, le gros riche un peu mafieux, etc. Les animaux sont tellement expressifs qu'ils paraissent naturels dans leurs rôles. Et les dessins sont splendides. Le souci du détail et la finesse des traits servent les personnages et les décors. En résumé, cette BD est de toute beauté, avec un scénario dans la grande ligne des romans noirs, un privé malmené par la vie comme on les aime, l'anthropomorphisme totalement maîtrisé et des dessins superbes. A lire d'urgence !


  • Conseillé par
    25 avril 2011

    John Blacksad est un détective désabusé. "Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais plus certainement parce que cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis." (p. 5) À la mort de Natalia, sublime actrice avec laquelle il a eu une aventure, il décide d'utiliser ses méthodes franchement expéditives pour retrouver le criminel. "Une étoile s'était éclipsée abandonnant mon passé dans le noir, égaré quelque part entre les ombres. Et personne ne peut vivre sans son passé. là dehors se cachait le coupable de deux meurtres, au moins : celui d'une personne et celui de mes souvenirs." (p. 9)

    La première de couverture est sublime. Immédiatement, le lecteur prend de plein fouet toute la rugosité virile de ce personnage de gentleman pas commode. Cette bande dessinée est un polar ieux et racé, teinté d'humour cynique :"Je ne crois pas qu'il existe un seul détective qui aime se faire ruiner l'imperméable." (p. 16) Jouant sur les codes du genre, Blacksad propose des personnages aux traits animaux. Les caractères humains s'incarnent selon les espèces : les chiens sont droits et fidèles, les reptiles et les rongeurs sont fourbes, les cochons ou les morses sont vulgaires, etc. John Blacksad, grand matou bien léché, mêle ses atouts félins au code d'honneur de l'homme de valeur. Finaud et subtil, élégant et épris de justice, taraudé par une conscience parfois border-line, Blacksad démolit l'archétype du détective américain pour construire une figure plus solide et dangereuse.

    Le dessin et la mise en couleurs sont magistraux. Les tons sépias illustrent les scènes du quotidien sordide et les aquarelles fleuries font la part belle aux souvenirs nostalgiques. L'image n'est pas piégée dans des cases méthodiquement régulières. Elle s'étale et s'installe en vertical, horizontal ou pleine page, misant tout sur le mouvement. Dans Blacksad, l'image est cinétique, cinématographique bien que saccadée, comme une vieille bande qu'on aurait trop souvent passé. Tout le plaisir est là : suivre le chat partout où il se faufile.